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mardi 7 mars 2017

LE FONT ILS EXPRÈS,

         
        Nous n'ignorons plus rien des fautes de François Fillon  mais Les Républicains sont les seuls à n'en tirer aucune conséquence, comme s'ils voulaient que tout le monde sache qu'ils sont incapables de trouver une solution, c'est à dire de convaincre Sarkozy d'accepter Juppé. A moins qu'ils préfèrent  dérouler eux mêmes le tapis rouge  pour Marine Le Pen. Et nous les électeurs que pouvons nous faire?  Ceux qui sont de gauche doivent ils se substituer à ceux de droite pour faire barrage au Front National en votant pour Fillon en manque de voix? ou doivent ils  voter pour Mélanchon  pour renverser la table à gauche plutôt qu'à droite,  c'est à dire pour sortir d'Europe sans faire appel au Front National.? Mais n'est ce pas une manière d'encourager les gens de droite à voter pour Marine Le Pen? Peut être la seule solution est elle que les juges mettent hors jeu François Fillon et Marine Le Pen? Il serait plus simple que Fillon se retire mais en appelant à voter pour Marine, dont il aurait reçu un million! J'ai publié un livre dans lequel j'ai dit que notre système politique était dans une impasse et que nous ne pouvions choisir qu'un président de transition, par exemple ni de droite ni de gauche et n(ayant pas de majorité à l'Assemblée Nationale.Mais tous comptes faits, n'est -il pas plus simple de voter blanc, pour dire au moins aux partis qu'ils ne représentent pus les citoyens. Trop c'est trop!

jeudi 2 mars 2017

LA PAILLE ET LA POUTRE

       

       La droite a choisi massivement François Fillon comme son candidat à l'élection présidentielle. On ne peut pas imaginer qu'elle ait fait ce choix dans l'ignorance de la conduite de son candidat , en particulier des risques de poursuites judiciaires qui pesaient sur lui. La même observation vaut pour tous les candidats, en particulier pour Marine Le Pen.Les candidats eux-mêmes ont pris leurs responsabilité en se présentant. Ils doivent assumer les conséquences de leur décision. Dans le cas de François Fillon  son retrait à moins de deux mois de l'élection crée un risque réel de victoire de Marine Le Pen, qui jusqu'ici semblait limité par la peur de beaucoup d'électeurs de mettre le sort de la France dans les mains d'un parti autoritaire, au moins aussi dangereux que l'est Donald Trump aux Etats Unis.  François Fillon doit assumer le risque d'une cuisante défaite dont il pouvait prévoir qu'elle  ruinerait sa carrière politique, pourtant si habilement menée.  Se retirer aujourd'hui est ouvrir ou risquer fortement d'ouvrir la porte de l'Elysée à Marine Le Pen. Le plus important pour les défenseurs de la liberté est d'empêcher une telle catastrophe. Les électeurs de gauche doivent faire dès maintenant ce qu'ils ont fait au second tour en 2002., c'est à dire bloquer le Front National, ce qui aujourd'hui veut dire voter Macron. Il est regrettable de devoir agir ainsi mais  empêcher la victoire du Front est une priorité absolue, qui permettra à la France d'entrer dans la transition nécessaire  pour reconstruire ensuite tout son système politique, à droite aussi ben qu'à gauche . Offir la France au Front National n'est pas une transition, c'est lancer le camion dans le vide. Attention Danger;

mardi 31 janvier 2017

DROITE ET GAUCHE



            Quand deux candidats s'opposent dans l'élection présidentielle ils ne doivent pas être définis en termes de classes ou de toute autre dichotomie car ce serait donner un avantage aux gens d'en haut; c'est ce que font souvent les français: un parti de la classe ouvrière perd, même si des non-ouvriers  acceptent d' appuyer la liste ouvrière. Une liste dite socialiste au contraire est parfaitement recevable, même si elle n'a pas une définition dichotomique de la société. C'est aux politiques de choisir une ligne générale de partage entre les deux candidats,qui assure aux deux une vision globale de la société: laïques contre cléricaux fait sens; pro-européens contre anti-européens aussi, bien que ce soit maladroit, comme nous le voyons aujourd'hui où Mélenchon s'isole par son anti-européisme. Je propose comme ligne de démarcation l'opposition entre un critère de choix objectif: la rationalité économique du marché et un critère de choix subjectif, c'est à dire exprimé en termes de droits. Je suis convaincu que c'est l'expression la plus juste, car la plus réelle, la plus vérifiable des oppositions Les deux critères de choix sont valables; il s'agit pour les deux de démontrer aux électeurs que c'est l'un ou l'autre qui doit avoir la priorité et donc la majorité . Aujourd'hui, après une longue période de domination de l'argent et même des hyper-riches la priorité doit aller à l'égalité des droits, à la lutte contre l'exclusion , mais aussi au développement de la connaissance. Si ce qu'on appelle la gauche devient anti-européenne, ce qui serait une erreur grave, il faudra laisser gagner la droite. En d'autres termes je n'accepte pas de voter pour une  coalition incluant Mélenchon. J'insiste sur ce point: l'élection est nécessaire parce que les électeurs portent un jugement qui n'est pas seulement doctrinal, qui répond aussi à une situation et à une conjoncture. Nous avons besoin de donner la priorité à une politique rocardienne, c'est à dire qui reponde à des exigences à la fois économiques et sociales, en ajoutant cependant que , s'il faut absolument choisir ,je donne aujourd'hui la priorité aux droits sur l'efficacité, car les inégalités ont augmenté, à cause surtout de la situation du logement. Nous n'attendrons pas longtemps avant de savoir ce que nous pouvons faire.      
                                                      Alain Touraine 31/1 2017

lundi 30 janvier 2017

LE NOUVEL AXE POLITIQUE


    La France est encore dominée par l'axe politique droite- gauche qui se lit: entreprise-Etat. La gauche est contre l'entreprise  et considère le profit comme du vol.Seul l'Etat,  c'est à dire la volonté populaire, peut défendre l'interêt général . Il existe  bien une droite étatique mais elle disparait avec le gaullisme.
 Il faut abandonner une fois pour toutes cette pensée. Il faut admettre que Rocard avait raison et qu'on ne peut pas séparer et encore moins opposer l'économique et le social. Le vote pour Le Pen comme pour Mélenchon sont des votes de protestation, non de gouvernement. Ce qui n'est pas clair dans les esprits est l'enjeu de la campagne électorale qui commence:quel est le nouvel axe de la vie politique ; quel est le choix fondamental?
 Je crois être très clair sur ce point depuis longtemps: pour moi la gauche- peu importe le mot- est avant tout définie par le respect de la dignité humaine ou, pour employer une expression connue de tous: la  défense des droits humains fondamentaux; l'autre camp se définit précisément par la défense d'une nation, d'une religion, d'une idéologie, dans le pire des cas d'une race. Je suis conscient que cette opposition peut apparaître paradoxale, car la gauche semblait défendre le collectif et la droite l'individuel. Ce renversement est en partie réel et s'explique ainsi: c'était l'économie qui commandait les choix politiques; aujourd'hui c'est la culture et la culture signifie des jugements de valeur, des définitions du bien et du mal et non plus de l'utile et de l'inutile. Exemple: j'appelle de gauche la défense des minorités et des pluralismes; je suis hostile à  toute politique qui s'identifie à une catégorie.  Je comprends la difficulté de passer de l'ancienne définition du choix politique central  à la nouvelle , mais nous sommes dans un monde où le pouvoir n'est plus dans l'accumulation des biens mais dans la capacité d'influencer des opinions et des décisions. Une idéologie d'Etat, qu'elle soit politique ou religieuse,  est le plus grand des dangers. Inversement nous ne devons pas admettre que les jeunes ou les relativement vieux soient privés d'emploi.Les grands principes: liberté, égalité, fraternité sont le meilleur guide de ce que j'appelle la démocratie.
 Nous restons prisonniers des idées de la société industrielle, dont nous sommes pourtant déjà sortis économiquement et socialement; il faut redistribuer les cartes.
 Mais je veux éviter un malentendu possible: c'est bien par le travail et la possibilité d'indépendance et de création que nous pouvons tous affirmer nos droits, même s'il faut évidemment de la solidarité.Hamon devra abandonner son idée absurde de sortie du monde du travail; il lui suffit de dire qu'il faut donner des chances à tous de développer leurs projets et leur représentation du monde. A vrai dire, j'ai voté pour Hamon parce que j'ai pensé qu'il était plus près de mes idées queValls, qui est plus autoritaire, en particulier sur la la:icité et qui a commis une faute grave en faisant passer la réforme du code du Travail par le 49.3 sans pour autant mériter d'être condamné: la gauche doit se regrouper mais pas sous la forme d'un nouveau Programme Commun
      
                                    Alain Touraine

samedi 28 janvier 2017

C'est le travail qui crée des droits

         

      C'est le travail qui fait apparaître à la fois de nouveaux besoins et les actions collectives qui conquièrent de nouveaux droits
  Nous sommes déjà passés des activités primaires (agriculture, mines, forages) à la production proprement industrielle qui a permis un saut en avant dans la productivité et, grâce au mouvement ouvrier, dans le niveau de vie et maintenant, depuis moins d'un demi-siècle, nous voyons se développer de nouveaux besoins, tournés vers la création, mais aussi l'éducation et la santé, de haut niveau et aussi vers des tâches de solidarité (aide aux personnes dépendantes ) qui ne sont presque pas assurées, alors qu'elles sont urgentes.De quoi dépendra la création de ces emplois ou au contraire des installations de luxe au profit des plus riches? D'une volonté politique. Et celle-ci ? D'une volonté collective, qui devra prendre de nouvelles formes.
 Ce qu'on appelle un revenu universel signifie que les riches continueront à exercer leur influence et que les pauvres  seront plus dépendants que jamais.Les travailleurs ne seront plus que des consommateurs.
 La voie qu'il faut suivre est bien différente: créer des emplois le plus nombreux possibles dans les domaines de la création et de la solidarité, débloquer la mobilité sociale entravée, aider les minorités à être reconnues et accueillies. Tout cela est beaucoup plus facile quand la croissance est lâ.
  Depuis cent ans c'est comme travailleurs que nous avons acquis des droits, comme en témoigne la Sécurité sociale. Nous avons besoin d'un nouveau saut en avant que permettent et encouragent les progrès de la connaissance Quant à l'idée que le travail disparait elle ne convainc que ceux qui comptent les emplois qui sont supprimés et oublient ceux qui sont créés. Combien des emplois actuels n'existaient pas il y a cent ans?

                                                                             Alain Touraine

jeudi 26 janvier 2017

Le débat Hamon-Valls

 

       J'ai entendu hier soir le débat entre Valls et Hamon avec des sentiments contradictoires.
  Première réaction: Merci à Hamon de poser enfin LA grande question, celle de l'emploi.
Seconde réaction: Comment un homme de gauche peut-il supposer que l'évolution de l'emploi est commandée par la robotisation et n'est pas affectée profondément par des décisions politiques en même temps que par la découverte de nouvelles fonctions à remplir dans des sociétés où intervient massivement l'intelligence artificielle?
  Regardons le passé. Quand la France était encore un pays de paysans et de rentiers, avant la  première guerre mondiale,  prévoyait-on  la disparition des paysans constatée cinquante ans plus tard par Henri Mendras et l'arrivée massive des jeunes au bac et même à la licence , sans même mentionner le magnifique développement de la Sécurité Sociale ?La France n'est devenue industrielle qu'avec cette guerre, puis l'automobile et l'aviation , soit de 1920 à 1980; depuis la politique s'est éloignée des grandes teransformations économiques et sociales Celles-ci se révèlent maintenant: après le dépassement de l'exploitation des ressources naturelles par les industries de transformation vient le remplacement de celles-ci par ce qu'on peut appeler le développement humain, dont les principaux aspects sont la santé, l'éducation et les soins aux personnes dépendantes ou handicapées .Un quatrième secteur dont nous découvrons à peine l'importance est la sauvegarde de l'environnement et un cinquième, encore à peine perçu, la gestion de la diversité culturelle imposée par les  migrations.A ces activités nouvelles il faut évidemment ajouter la gestion des systèmes complexes qui ne peut pas se réduire  à ce  qu'on appelle le management et qui est la compréhension des expériences vécues.
   Le bilan de ces transformations est-il positif ou négatif pour l'emploi? Je m'étonne qu'on pose une telle question car la réponse dépend de nous et non pas des technologies. Même le niveau de qualification de la plupart  des emplois dépend de la répartition des responsabilités entre divers niveaux hiérarchiques . 

Toutes ces remarques, qui devraient être aussi bien connues ou mieux que les affirmations de quelques économistes, ne sont importantes à mes yeux que parce qu'elles doivent nous conduire à reconnaître qu'après la civilisation industrielle, monde de machines maintenant remplacé largement par la robotisation, l'automatisation et aussi la délocalisation, vient ce qu'on pourrait appeler l'ère des soins humains, que  je préfère appeler l'ère de l'humanisation, de la reconnaissance de la créativité humaine, qui se manifeste le mieux quand le travail consiste à augmenter la capacité des êtres humains de traiter leurs semblables comme ils voudraient être traités eux-mêmes.
  Nous n'avons pas à choisir aujourd'hui entre une société du travail et une société de subventions mais entre une société industrielle, dont il faut reconnaître la grandeur comme la violence, et une société des ressources humaines qui va du développement des connaissances à la compréhension des réponses humaines au fonctionnement de systèmes complexes.
   Je remercie Hamon d'avoir réveillé les politiques de leur sommeil      
productiviste et d'avoir ainsi réintroduit les réalités sociales et psychologiques dans le champ de la politique, mais je  regrette qu'il ne perçoive pas l'enjeu de ce grand débat historique: nous devons ouvrir notre esprit et nos décisions à une conception du travail fondée sur le respect et le développement du rapport aux êtres humains. Je n'attends rien de bon d'une politique qui ne croit pas en l'action transformatrice et volontaire des hommes.   


                                                           Alain Touraine